Un an après le lancement du plan pauvreté, les associations s’impatientent

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Le collectif Alerte demande au gouvernement une revalorisation des prestations sociales.

Par Isabelle Rey-Lefebvre Publié aujourd’hui à 11h53, mis à jour à 13h27

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Un an jour pour jour après que le président de la République annonçait, au Musée de l’homme, sa « stratégie de lutte contre la pauvreté », avec 21 mesures et 8,5 milliards d’euros de budget étalés sur quatre ans, le gouvernement veut faire un point d’étape. Le 13 septembre 2018, Emmanuel Macron s’était montré lyrique et volontaire : « Je pense que nous pouvons, à hauteur d’une génération, éradiquer la grande pauvreté dans notre pays. Si ce n’est pas la France qui mène cette bataille, je suis sûr d’une chose, personne ne la mènera. »

Douze mois et beaucoup de « gilets jaunes » plus tard, 600 acteurs, élus, travailleurs sociaux et membres d’associations sont invités, les 12 et 13 septembre, à débattre, à Aubervilliers, avec, entre autres, Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, Christelle Dubos, sa secrétaire d’Etat, Julien Denormandie, ministre de la ville et du logement, et deux délégués interministériels, Olivier Noblecourt à la prévention et la lutte contre la pauvreté, et Sylvain Mathieu à l’hébergement et l’accès au logement.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « La politique d’accès au logement pour les personnes défavorisées doit être relancée avec force »

« Nous partageons les principes de la “stratégie pauvreté”, affirme Véronique Fayet, présidente du Secours catholique, l’une des 37 associations du collectif Alerte. Mais les plus pauvres ne peuvent attendre 2023 qu’elle produise ses effets. Il faut absolument une revalorisation des prestations. Le revenu de solidarité active (RSA) ne représente plus que 40 % d’un smic, contre 60 % à sa création ; les aides personnalisées au logement (APL) ont baissé ; les allocations familiales et les retraites augmentent moins vite que l’inflation… » « Notre philosophie n’est, en effet, pas de tout centrer autour de la revalorisation des prestations, répond Christelle Dubos. Nous insistons sur la reprise d’activité, avec beaucoup plus d’accompagnement, et la création d’un service public de l’insertion. »

Mesures consensuelles

Le plan pauvreté envisage surtout la création d’un revenu universel d’activité (RUA), fusionnant plusieurs aides en une seule pour simplifier les démarches : « Nous avançons précautionneusement car personne ne doit être perdant », assure Mme Dubos. Annoncé pour 2020, il ne sera pas effectif avant, au mieux, 2023. Les associations ne cachent pas leur inquiétude car elles souhaitent que le RUA s’étende à de nouveaux bénéficiaires, notamment les jeunes, tandis que le gouvernement raisonne, lui, à enveloppe budgétaire constante, ce qui implique des perdants.

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