Un an après la chute de Ghosn, Renault, fragilisé, tente de se...

Un an après la chute de Ghosn, Renault, fragilisé, tente de se relancer

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Après un an de déstabilisation, la capitalisation boursière du constructeur tricolore a fondu de 6 milliards d’euros, soit un tiers de sa valorisation.

Par Éric Béziat Publié aujourd’hui à 03h41, mis à jour à 03h42

Temps de Lecture 5 min.

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Jean-Dominique Senard, président de Renault, le 11 octobre, au siège de la compagnie, à Boulogne-Billancourt.

Jean-Dominique Senard, président de Renault, le 11 octobre, au siège de la compagnie, à Boulogne-Billancourt. ERIC PIERMONT / AFP

D’abord il y eut le choc. Le 19 novembre 2018, Carlos Ghosn, PDG de Renault, patron tout-puissant de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, était arrêté à son arrivée à Tokyo, soupçonné de graves délits financiers : dissimulation de revenus et abus de confiance.

S’ensuivit une invraisemblable série de péripéties, comme si plusieurs « annus horribilis » s’étaient concentrés en douze mois : détails égrainés des fautes présumées de M. Ghosn (il sera arrêté quatre fois) ; révélation du piège tendu par les procureurs japonais et Nissan ; nomination en urgence de Jean-Dominique Senard président de Renault ; tensions avec le partenaire japonais ; justice française qui s’en mêle ; fusion ratée avec Fiat-Chrysler ; M. Ghosn criant au complot depuis sa résidence surveillée ; limogeages des directeurs généraux Hiroto Saikawa (Nissan) puis Thierry Bolloré (Renault)…

Comment l’entreprise au losange sort-elle de cette année-tornade ? Elle, qui paraissait solidement adossée à la première alliance automobile mondiale, capable de vendre plus de 10 millions de voitures par an. Une vraie réussite française à presque 60 milliards de chiffre d’affaires et aux marges confortables. Bilan en cinq points.

  • Les milliards envolés

Après un an de déstabilisation, les chiffres de Renault ne sont pas bons. Cela commence par une vertigineuse perte de valeur. En un an, la capitalisation boursière du constructeur tricolore a fondu de 6 milliards d’euros, soit un tiers de sa valorisation. A cela s’ajoute la chute de Nissan (principal actif de Renault puisque ce dernier possède 43 % de son allié) en Bourse, qui a réduit de 8,6 milliards la valeur de cette participation. De quoi creuser un trou dans le bilan.

En parallèle, les indicateurs économiques de l’entreprise ont viré au médiocre dans un contexte difficile : les firmes automobiles sont confrontées à une baisse mondiale des ventes et à la montée des coûts (normes environnementales, électrification, connectivité…). Mi-octobre, le groupe a révisé ses prévisions financières pour 2019 : le chiffre d’affaires baissera de 2 milliards d’euros environ et la marge se dégradera à 5 %. Sa plus faible rentabilité depuis 2014.

  • Le problème Nissan

L’une des sources majeures de la solidité financière passée de Renault était « la rente Nissan » – autrement dit les dividendes versés par l’entreprise japonaise à son partenaire. Or, le filon s’épuise. Sur les neuf premiers mois de 2019 Nissan, en plein marasme, n’aura contribué qu’à hauteur de 200 millions d’euros aux résultats de Renault, contre 1,2 milliard pour la même période de l’an dernier. Et la nouvelle alerte sur résultats de Nissan qui vient d’annoncer que sa marge ne dépasserait pas 1,4 % sur l’exercice en cours (quand Volkswagen, PSA et Toyota naviguent entre 7 et 9 %) n’arrange rien.

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