Trente ans de privatisations

Trente ans de privatisations

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Bruno Le Maire a confirmé le lancement du plus vaste programme de cessions d’actifs depuis 10 ans.

Emmanuel Macron l’avait répété durant la campagne présidentielle. Son Ministre de l’Économie Bruno Le Maire le serinait depuis des mois : il faut repenser le rôle de l’Etat actionnaire dans l’économie française. Le patron de Bercy a ainsi annoncé hier soir sa volonté de vendre tout ou partie des parts de l’État dans trois entreprises : le groupe ADP (ex-Aéroports de Paris), la Française de Jeux et Engie, sans préciser exactement quel pourcentage du capital sera réellement mis à chaque fois sur le marché. Compte tenu des cours actuels en Bourse, ce portefeuille d’actions pourrait rapporter au moins 15 milliards d’euros dans les caisses du Trésor français. Des rentrées qui serviront à désendetter l’Etat et surtout à abonder à hauteur de près de 10 milliards d’euros un fonds pour l’innovation. Retour sur trois décennies de privatisations qui ont rapporté à l’Etat près de 125 milliards d’euros au total. 

A droite comme à gauche, le goût des privatisations

1986-1988 (gouvernement de droite): 15 milliards d’euros 

Sous l’impulsion du ministre de l’Economie Edouard Balladur, Saint-Gobain, né sous Colbert au XVIIe siècle, est la première privatisation de l’après-guerre. A elle seule, l’opération a rapporté l’équivalent de 1,2 milliard d’euros.  

1988-1993 (gouvernement de gauche): 2 milliards d’euros 

En 1991, Edith Cresson décide de la privatisation partielle du Crédit local de France. Mariée au Crédit communal de Belgique en 1996, la nouvelle entité donnera naissance à Dexia qui fera quasiment faillite en 2011. Son naufrage coûtera 6,6 milliards d’euros à l’Etat français.  

1993-1997 (gouvernement de droite): 22 milliards d’euros 

Rhône-Poulenc, BNP, Elf Aquitaine, AGF, Pechiney, ou encore la Seita…Aucun secteur n’est épargné par la deuxième grande vague de privatisations menée par Edouard Balladur, puis Alain Juppé. Une cession partielle de France Télécom rapporte 5,6 milliards d’euros.  

1997-2002 (gouvernement de gauche): 31 milliards d’euros 

La gauche poursuit l’oeuvre commencée par les précédents gouvernements de droite. Durant les trois premières années de son mandat, Lionel Jospin sera le Premier ministre qui aura cédé le plus d’actifs en un temps aussi court: Bull, GAN, Crédit lyonnais, Thomson Multimédia…  

2002-2007 (gouvernement de droite): 38 milliards d’euros 

Le retour de la droite entame la période la plus faste en termes de recette de privatisations. Mais la vente des autoroutes pilotée par Dominique de Villepin pour 14,8 milliards d’euros suscite d’énormes polémiques.  

2007-2012 (gouvernement de droite): 8 milliards d’euros 

La crise financière avec l’effondrement de la Bourse et le retour du patriotisme économique plombent les introductions en Bourse sous Nicolas Sarkozy. Près de 4 milliards d’euros tirés de la vente des fréquences hertziennes tombent cependant dans les caisses de l’Etat.  

2012-2017 (gouvernement de gauche): 8 milliards d’euros 

Sous les gouvernements Ayrault et Valls, la gauche reprend le flambeau des privatisations partielles.Entre 2013 et 2016, la part de l’Etat dans le capital de Safran passera de 30 à 14%. De passage à Bercy, Emmanuel Macron se fera aussi la main avec la cession des aéroports de Lyon, de Nice et de Toulouse.  

2018- ? : au moins 15 milliards d’euros de recettes 

Avec les cessions des parts dans Engie, la Française des Jeux et ADP, l’Etat pourrait espérer ramener 15 milliards d’euros dans les caisses de l’Etat. 

LEXPRESS.fr – Rss Economie

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