Téléconsultation : «J’ai des patients de 70 ans qui y arrivent»

Téléconsultation : «J’ai des patients de 70 ans qui y arrivent»

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Médecin depuis 1992, Anne-Marie Loscheider est généraliste dans le Ier arrondissement de Paris. Elle s’est lancée dans la téléconsultation en février dernier en passant par la plate-forme Medaviz. Alors que huit Français sur dix disent s’en méfier, pour elle il s’agit d’un acte complémentaire à la consultation physique. Une nouveauté qui peut s’avérer très pratique.

Pourquoi ouvrir des téléconsultations ?

DOCTEUR ANNE-MARIE LOSCHEIDER. Deux raisons. J’ai d’abord reçu au cabinet une patiente suédoise qui venait pour renouveler une ordonnance de contraceptif. Elle m’a dit qu’en Suède ça se faisait par téléconsultation. Et puis j’ai une patiente qui a eu un zona ; devant quitter le cabinet rapidement je n’ai pas pu lui répondre en urgence, ce que m’aurait permis la téléconsultation.

À quelle fréquence téléconsultez-vous ?

Je n’en faisais pas beaucoup au début : 3-4 par mois. Maintenant, j’ai trois créneaux dédiés par semaine et uniquement sur rendez-vous. Je pense que je vais en faire le samedi matin, de chez moi, pour rendre service aux patients.

Comment réagissent vos patients ?

Quand on leur propose ils sont très demandeurs. J’en soigne beaucoup qui travaillent dans le quartier mais habitent loin, en banlieue, c’est 50 % de ma patientèle. Pour eux, c’est pratique. J’avais peur de l’absence de toucher, de ne pas pouvoir voir dans leur regard la réaction des patients, mais finalement, comme je les connais on arrive à bien échanger.

Quels avantages y trouvez-vous ?

Ça ne remplace pas la vraie consultation physique, c’est complémentaire. Et il faut vraiment connaître son patient pour que ce soit efficace. Il y a aussi des cas où c’est vraiment pratique : quand un patient part en voyage, on en parle par téléconsultation et il arrive au cabinet avec les bons vaccins. On gagne quelques minutes par consultation par rapport à un rendez-vous en cabinet, ce qui permet d’en faire un petit peu plus. C’est très légèrement plus rémunérateur du coup, mais ça n’est pas pour ça que je le fais.

Est-ce que techniquement c’est simple ?

Ça marche très bien. Les gens appellent depuis leur mobile, c’est simple et facile. J’ai même des patients de 70 ans qui y arrivent! Le paiement se fait par carte bancaire via la plateforme qui adresse par mail une feuille de soins au patient. C’est une évolution positive de l’offre de soins à un moment où l’accès aux médecins devient compliqué.

Le Parisien – Économie

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