Soldes d’été : les commerçants franciliens plutôt déçus

Soldes d’été : les commerçants franciliens plutôt déçus

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Alors que les soldes d’été se terminent ce mardi soir dans la quasi-totalité de l’Hexagone (à l’exception de la Corse, des Alpes-Maritimes et des Pyrénées-Orientales, où elles durent jusqu’au 20 août), il est temps pour les commerçants de faire le bilan de cette période de promotions marquée par des records de température très élevées.

Une enquête menée par le Centre d’observation du commerce, de l’industrie et des services d’Ile-de-France (CROCIS) révèle que 57 % des commerçants se déclarent « plutôt satisfaits » de ce résultat même si dans l’ensemble cette saison n’a pas séduit les consommateurs. En effet l’enquête montre que pour plus de la moitié des commerçants (54 %) ce résultat est inférieur aux soldes de l’été dernier. Parmi eux, 47 % accusent le coup et pointent du doigt les températures caniculaires responsables de la forte baisse des fréquentations selon eux.

Les boutiques de prêt-à-porter ne sont pas toutes logées à la même enseigne. En effet, en période de fortes chaleurs les grands magasins et centres commerciaux sont moins impactés grâce à la climatisation dont ils sont équipés contrairement aux plus petits commerces. « Les premiers jours des soldes ont été catastrophiques sous l’effet de la canicule : les gens ne sortaient pas de chez eux et nous avions très peu de clients dans le magasin », indique une commerçante en lingerie.

« La canicule nous a fait du mal : les clients ont préféré faire leurs achats en ligne plutôt que de se déplacer en magasin », regrette une gérante d’une boutique de prêt-à-porter de la rue de Rennes.

Un événement passé de mode ?

Avec la multiplication des promotions toute l’année et les offres sur Internet, la période des soldes est mise à mal. Une tendance ressentie par une majorité de commerçants d’après l’enquête du CROCIS. 56 % d’entre eux estiment que les soldes ne sont plus désormais un événement incontournable.

« Ce n’est plus un événement attendu, les clientes ont des promotions toute l’année, elles n’attendent plus les soldes pour se faire plaisir » indique une commerçante en prêt-à-porter du VIe arrondissement.

La vente en ligne représente réelle concurrence pour 71 % des commerçants interrogés. « Internet casse les prix à longueur d’année » se désole une commerçante de la rue de Rennes. « Faire ses achats sur Internet est complètement rentré dans les mœurs, tout le monde le fait », complète une autre.

« Les clientes viennent chez nous, essaient puis n’hésitent pas à nous dire « je peux le trouver moins cher sur Internet » ». « Même si ce n’est pas toujours exact, les clientes partent du principe que ce sera forcément moins cher sur le web », indique la gérante d’une grande enseigne de chaussures.

Une période plus courte

Dans cette bataille aux promotions, il est devenu impératif pour les commerçants de redynamiser les soldes après une année 2019 en demi-teinte . L’article 8 du projet de loi Pacte prévoit ainsi une réduction de la durée des soldes de six à quatre semaines à partir de janvier 2020. Une mesure approuvée par 82 % des commerçants parisiens

« C’est parfait, 4 semaines c’est largement suffisant, ensuite on peut déployer la nouvelle collection » se réjouit une commerçante dans l’enquête. « Les soldes ont un impact au début, la première semaine, mais ensuite l’effet se tasse. La sixième semaine, on n’a presque plus de marchandise en soldes, seulement un vague portant dans un coin », complète la gérante d’une boutique de prêt-à-porter indépendante.

L’objectif est de rendre aux soldes leur caractère événementiel et gagner en attractivité. « Le mot « soldes » est un déclic de l’achat. Bien sûr ce n’est plus la folie d’il y a 15 ans, mais ce mot a encore un impact fort » indique la gérante d’une boutique de lingerie.

Le Parisien – Économie

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