Seuls 21 % des actifs jugent leur niveau satisfaisant en anglais

Seuls 21 % des actifs jugent leur niveau satisfaisant en anglais

3
0
SHARE

On savait que, pour l’apprentissage des langues étrangères, la place de la France dans les comparaisons internationales était « peu flatteuse », comme l’indiquait un rapport publié au printemps dernier . Un sondage réalisé par Ipsos et commandé par l’organisme de formation Wall Street English, auquel « Les Echos » ont eu accès, pointe les conséquences de cette situation sur la vie personnelle et professionnelle.

Dans ce sondage réalisé auprès de 1.500 personnes du 23 au 29 août, trois sur dix affirment avoir déjà dû renoncer à un poste ou à une promotion en raison de leur trop faible niveau d’anglais. Le chiffre grimpe à 38 % chez les moins de 35 ans, alors même que ces jeunes déclarent avoir un niveau d’anglais nettement supérieur à la moyenne (30 % le jugent satisfaisant).

Seules 19 % des personnes interrogées – et 21 % des actifs – considèrent leur niveau d’anglais comme satisfaisant. Sept sur dix se disent « à l’aise » ni à l’écrit ni à l’oral. « Ces résultats montrent à quel point le niveau d’anglais est un problème pour les Français et combien il est nécessaire de l’améliorer, pointe le directeur adjoint du département Opinion d’Ipsos, Federico Vavas. Quel que soit le domaine sur lequel ils sont interrogés, les répondants ont tendance à renvoyer une image d’eux-mêmes plutôt positive. Autrement dit, la réalité se situe peut-être en dessous de ces 19 % ».

L’amélioration du niveau en anglais passe en priorité par l’école : pour 60 % des sondés, il faut « faire apprendre l’anglais dès le CP ». En théorie, c’est déjà le cas. Dans la pratique, « ce n’est pas une priorité de l’Education nationale pour la classe de CP », glisse Federico Vavas.

Les sondés ont parfaitement intégré les messages des experts en didactique des langues étrangères, disant qu’il faut apprendre les langues étrangères tôt. Dans son rapport du printemps, le Conseil national d’évaluation du système scolaire (CNESCO) déplorait des enseignants du primaire « trop peu formés et accompagnés » à l’enseignement des langues vivantes. Le plan sur les langues vivantes préparé par le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, prévu pour avril, n’a toujours pas vu le jour.

Pour rattraper cette situation, les sondés listent plusieurs options comme les séjours à l’étranger chez les plus jeunes (34 %), la réduction de la taille des classes en groupes de niveaux (32 %), le semestre à l’étranger pour les étudiants (22 %) ou des professeurs d’origine anglophone (22 %). Les actifs, eux, sont prêts, à 54 % à se former en dehors de leur temps de travail. Mais 64 % ne savent pas qu’ils peuvent désormais utiliser leur compte personnel de formation sans même en informer leur employeur, déplore-t-on chez Wall Street English. Un sujet sur lequel le gouvernement a promis une vaste compte personnel de formation à partir de décembre.

 

A la Une – Les Echos Business

LEAVE A REPLY