Retraites : Edouard Philippe appelle les grévistes à « prendre leurs responsabilités »

Retraites : Edouard Philippe appelle les grévistes à « prendre leurs responsabilités »

3
0
SHARE

A la veille du 40e jour de mobilisation contre la réforme des retraites, Edouard Philippe l’assure : « Nous allons aller au bout ». Invité de France 2 dimanche 12 janvier, le premier ministre a défendu le « compromis » qu’il a proposé aux partenaires sociaux dans une lettre samedi et défendu sur le fond une réforme qu’il estime « juste » et « équilibrée ».

Face aux opposants qui restent mobilisés contre son projet de loi, Edouard Philippe estime que « ceux qui [les] incitent à poursuivre la grève les envoient peut-être dans une impasse ». Et le chef du gouvernement d’ajouter : « Je pense qu’ils devraient prendre leurs responsabilités ».

Interrogé sur le retrait provisoire de l’âge pivot avant 2027 du projet de loi, le premier ministre a rappelé qu’il pense « à titre personnel que l’âge pivot est la meilleure façon de garantir le retour à l’équilibre du système actuel et la pérennité et l’équilibre financier du système futur. »

Néanmoins, « ce qui compte, ce n’est pas l’instrument, c’est l’objectif », selon lui. « Dès lors que (les syndicats) l’admettent eux-mêmes, c’est un bougé », s’est-il réjoui, renvoyant à la conférence de financement qui doit se mettre en place fin janvier pour trouver un accord d’ici fin avril. Si cette conférence ne fait pas émerger d’alternative satisfaisante, « je prendrai mes responsabilités », a-t-il prévenu, alors qu’il était interrogé sur une possible réintroduction de l’âge pivot avant 2027 dans le projet de loi.

Lire aussi Retraites : trois questions sur le retrait provisoire de l’âge pivot proposé par Edouard Philippe

Jean-Luc Mélenchon appelle les grévistes à « tenir bon »

Face au gouvernement qui appelle à mettre fin à la grève, le chef de file de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon a de son côté appelé les opposants à la réforme à « tenir bon ». L’ancien candidat à la présidentielle estime dans un post de blog publié dimanche que « la grève reconductible continue et s’étend à de nouveaux secteurs inhabituels, une jonction entre classes moyennes et milieux populaires s’opère dans une revendication sociale commune ».

Selon lui, les annonces d’Edouard Philippe ne sont pas de nature à éteindre le mouvement. Elles vont au contraire « aller tout droit à la poubelle bien encombrée où gisent déjà les trouvailles de dernière minute des précédents gouvernements “droits dans leurs bottes” », ironise-t-il. Pour Jean-Luc Mélenchon, « les embrouilles de dernières minutes ne changent rien au fond ni même à la forme du projet gouvernemental. Ces gens surestiment leur pouvoir et sous-estiment l’exaspération populaire ».

Si les syndicats « réformistes » (CFDT, CFTC et Unsa) ont salué les annonces d’Edouard Philippe, la contestation n’est pas éteinte pour autant. Le secrétaire « L’opinion publique soutient les grévistes », estimait samedi soir le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez. « Les organisations qui sont mobilisées (…) ne changent pas d’avis » sur la réforme, a abondé dimanche Laurent Brun, de la CGT Cheminots, sur BFMTV. Et ce sont selon lui « elles qui organisent la bataille depuis le début du conflit ».

Économie : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

LEAVE A REPLY