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Retrait provisoire de l’âge pivot : selon l’Unsa, «on va pouvoir travailler plus sereinement»

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Le patron de l’Unsa juge très positif « le geste d’apaisement » du Premier ministre, qui propose de « retirer » provisoirement l’âge pivot, mais botte en touche quand on aborde la question d’une sortie de la grève dans les transports.

Que change ce courrier d’Edouard Philippe ?

LAURENT ESCURE. C’est un signe d’apaisement. Avec le retrait de l’âge pivot, on va pouvoir désormais travailler plus sereinement sur les questions de financement et d’équilibre. Et du coup, en parallèle, sur les garanties, les compensations, les avancées qui restent à trouver sur la réforme.

Cela signifie-t-il que vous arrêtez le mouvement ?

L’Unsa reste concentrée pour faire de cette réforme une réforme de justice. Par l’argumentaire, la négociation et la capacité à sensibiliser les salariés, les lignes des discussions en cours peuvent encore bouger.

Quelle sera la suite à la RATP et à la SNCF ?

Les militants de l’Unsa ont travaillé pour obtenir des garanties sur leur contrat social. Les choses sont en train d’être analysées.

L’âge pivot de 64 ans est abandonné, l’âge d’équilibre persiste, est-ce vraiment une victoire ?

L’âge pivot pour tous dès 2022 est retiré, c’est lui qui cristallisait les mécontentements et il a disparu. Il est fait référence pour le futur système, donc en 2037, à un âge d’équilibre qui n’est pas précisé. Nous avons maintenant du temps pour regarder cette question.

Quelles alternatives proposez-vous pour atteindre l’équilibre financier ?

On peut prendre une partie du fonds de réserve de 30 milliards d’euros. D’autre part, à partir de 2024, on pourrait prélever durablement 1 ou 1,5 milliard sur ce que dégage la CRDS et le reste irait au financement de la dépendance. Sans toucher au coût du travail, on peut aussi augmenter les cotisations d’un côté et les diminuer de l’autre, faire des transferts. Tout le monde devra faire des efforts, le gouvernement comme les employeurs. Pas uniquement les salariés.

Il faut que le Medef soit d’accord…

J’espère qu’il jouera le jeu, comme nous. Nous avons une obligation de compromis.

Un calendrier si court et la menace des ordonnances ne sont-ils pas un piège ?

Non. Si cette lettre existe, c’est parce qu’il y a suffisamment de personnes qui veulent aboutir à un compromis. Les ordonnances ne sont pas un problème en soi, surtout si elles intègrent le contenu de la conférence.

Le Parisien – Économie

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