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René Dosière : « Faisons de la France une nation pionnière en matière d’éthique des affaires »

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Tribune. L’entreprise inspirée par des valeurs est notre avenir. Après avoir été, tour à tour, une référence pour les droits de l’homme puis un grand modèle social, la France peut se donner pour ambition de devenir la référence mondiale de l’entreprise responsable.

Les pratiques ont déjà commencé à changer ces dernières années. Le concept de business ethics à l’anglo-saxonne, importé dans les années 1990, a eu ses mérites mais a eu tendance à réduire l’éthique à un outil de marketing. La responsabilité sociale des entreprises (RSE), apparue dans les années 2000, encouragée par la loi nouvelles régulations économiques, la loi Grenelle II et la norme ISO 26000, a clairement fait bouger les lignes. Ces dernières années, l’éthique de la mise en conformité (compliance, en anglais) a pris une dimension centrale dans la gestion des grandes organisations. Adoptée en 2016, la loi Sapin 2 a amplifié ce mouvement : elle est à l’origine d’une révolution silencieuse en matière d’anticorruption, de protection des lanceurs d’alerte et d’encadrement des conflits d’intérêts.

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Allons encore plus loin : faisons de la France une nation pionnière en matière d’éthique des affaires. En introduisant le statut des entreprises à mission, ces sociétés pouvant se doter d’« une raison d’être » à caractère social et environnemental, la loi Pacte du 22 mai 2019 a posé la bonne question : celle du rôle et de la responsabilité des entreprises dans la société. Cette loi permet de penser qu’il est possible de construire démocratiquement, au sein du Parlement et des entreprises, par un alliage de réglementations et d’autorégulations, une éthique des organisations et de la finance.

Valeur sans valeurs

Premier chantier à approfondir : celui de l’éthique environnementale. Si la vocation des entreprises est de participer à la croissance économique, l’éthique environnementale invite à promouvoir une « altercroissance », c’est-à-dire à faire croître ce qui est bon pour notre avenir collectif et à faire décroître ce qui est mauvais pour lui. A n’en pas douter, les générations de demain ne voudront ni consommer ni travailler pour des entreprises qui cherchent à faire de la croissance de la valeur sans valeurs. Parions que la notation extrafinancière va s’imposer et que le « capital réputation » des entreprises deviendra un facteur-clé de leur compétitivité structurelle. Accélérons cette mutation vers une consommation plus écologique en explorant la piste d’un label public de notation extrafinancière reposant sur des critères rigoureux et exportables à l’échelle européenne.

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