Rémunérer des salariés en cryptomonnaie, c’est déjà une réalité

Rémunérer des salariés en cryptomonnaie, c’est déjà une réalité

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Depuis le 1er septembre, les entreprises néo-zélandaises sont officiellement autorisées à rémunérer leurs employés sous forme de cryptomonnaie, sous réserve que ceux-ci soient salariés et volontaires. Quel est l’intérêt de cette démarche ? « Si l’employeur et le collaborateur disposent tous les deux d’un compte en banque, il n’y en a aucun », estime Sadry Bouhejba, directeur des investissements d’Archery Blockchain, un fonds luxembourgeois qui investit dans les cryptomonnaies. En revanche, cette possibilité trouve tout son sens si l’une des deux parties est exclue du système bancaire , ce qui constitue une réalité peu connue…

Selon le Global Findex, base de données de la Banque mondiale, 1,7 milliard d’adultes n’avaient pas de compte en banque en 2018 (à noter, les deux tiers d’entre eux ont néanmoins accès à Internet, ce qui leur ouvre potentiellement les portes de services financiers). Côté entreprises aussi, pléthore d’organisations se voient refuser l’ouverture d’un compte professionnel. « De nombreuses sociétés de la galaxie blockchain ne trouvent pas de banque en raison de leur exposition aux cryptomonnaies », observe Sadry Bouhejba. Ces employeurs n’ont donc d’autre choix que de rémunérer les membres de leurs équipes via des intermédiaires qui garantissent un cours fixe pendant une fenêtre de quelques minutes.

La naissance de la blockchain remonte à une dizaine d’années, mais la bulle des levées de fonds par «  initial coin offering  » (ICO) a débuté aux alentours de 2015, conduisant une foule de jeunes pousses à devoir affronter ce casse-tête : avoir des millions dans les caisses… mais pas de banque. Résultat, voilà déjà au moins quatre ans que les rémunérations en Bitcoin, Etherum et autre Ripple sont « monnaie courante ». « Contrairement aux idées reçues, il n’y a rien d’opaque. C’est légal, transparent, documenté et déclaré, le fisc prenant en compte le montant de salaire après sa plus-value ou sa moins-value », assure Sadry Bouhejba. Concrètement, le collaborateur voit son salaire versé sur son wallet (portefeuille virtuel), mais il continue à recevoir une fiche de paie en euro, ou en dollar, en franc suisse, etc.

« Voyant que c’était une pratique répandue, la Nouvelle-Zélande a jugé nécessaire de l’inscrire dans la loi, en précisant qu’aucune crytpomonnaie ne serait acceptée dans les caisses de l’Etat. En France, où il est encore marginal de rencontrer des entreprises n’ayant pas de compte en banque, il n’est pas d’actualité de légiférer sur le sujet », analyse Sadry Bouhejba. Il insiste sur le niveau de complexité élevé, rendant la rémunération en bitcoin peu pertinente si les deux parties disposent d’un compte en banque. En revanche, rien ne dit que la technologie blockchain ne va pas se développer de manière fulgurante et ainsi conduire de nombreux employeurs de cet écosystème à émettre, à court ou moyen terme, des bulletins de salaire en bitcoin.

A la Une – Les Echos Business

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