Réforme des retraites : le bras de fer commence, première grosse grève...

Réforme des retraites : le bras de fer commence, première grosse grève vendredi

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Vendredi noir à la RATP! Dix lignes de métro interrompues, trafic extrêmement perturbé sur l’essentiel du réseau. Les prévisions de la régie parisienne de transport claquent comme une piqûre de rappel des pires conflits sociaux qui ont paralysé les transports parisiens ces trente dernières années. Ce sera d’ailleurs la plus forte mobilisation depuis la grève du 18 octobre 2007… contre les régimes spéciaux de retraite sous Nicolas Sarkozy.

Le décor est planté. Sans perdre de temps, les syndicats du métro parisien ont décidé de tirer la première salve contre la future réforme des retraites Macron. Même si les contours restent toujours particulièrement flous. D’autres vont-ils embrayer derrière et écrire la page d’un automne social dur? Plusieurs journées sont d’ores et déjà inscrites à l’agenda de la grogne, avec FO qui appelle à manifester le 21 septembre, la CGT trois jours après le 24. Même les professions libérales, organisées en collectif, défileront lundi 16 septembre à Paris.

Le spectre des grandes grèves de 1995

Attention, bombe politique en vue! L’exécutif le sait bien. La réforme de la retraite universelle est d’autant plus explosive qu’elle comporte un sous-dossier des plus inflammables : les régimes spéciaux. « Le président va laisser le Premier ministre monter au front, le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye expliquer la réforme et ensuite il précisera les choses si nécessaire. Emmanuel Macron s’exprimera le moment venu, en province, à la manière du grand débat », fait savoir son entourage.

Édouard Philippe va donc endosser ses habits de démineur en chef dès ce jeudi. Selon son entourage, « les régimes spéciaux, il va en parler dans son discours » devant l’aréopage de syndicalistes et représentants patronaux réunis ce jeudi au CESE (Conseil économique, social et environnemental). Le Premier ministre doit également donner le calendrier des nouvelles concertations et sa méthode. Fort sans doute de l’expérience de son mentor Alain Juppé qui, en 1995, battu en rase campagne après deux mois de conflit dur, a été obligé de retirer son projet de réforme des régimes spéciaux et de démissionner.

Sarkozy aussi avait essayé… en vain

Un exercice de câlinothérapie, promet-on dans l’entourage du chef du gouvernement. Et de décliner des messages tous plus apaisants. « On est déterminé, mais on ne jouera pas les matamores non plus. Il est hors de question de monter les Français les uns contre les autres. » Ou encore : « On est dans une logique de construction, pas de confrontation. »

À l’Elysée, on se met aussi en mode déminage. Emmanuel Macron aurait retenu la leçon d’un de ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy, qui lui aussi avait essayé de s’attaquer aux régimes spéciaux… en vain. « Ça n’a pas marché à l’époque car certains propos donnaient l’impression que les bénéficiaires des régimes spéciaux pouvaient être des privilégiés. Ça a heurté une partie de l’opinion, et on a vu les blocages que ça a causés dans le pays à l’époque », se souvient un conseiller de l’Elysée. Et de prévenir : « S’il commence en divisant les gens, c’est mort ».

Le Parisien – Économie

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