Quand la beauté fait recette

Quand la beauté fait recette

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Trente milliards d’euros. Le chiffre d’affaires annuel du groupe L’Oréal s’en rapproche. Les résultats semestriels 2019 révèlent une croissance supérieure à 10 % et pour toutes ses divisions (luxe, cheveux, peau…), malgré des disparités importantes.

L’Oréal à la conquête des favelas brésiliennes

L’Oréal Luxe et la « cosmétique active », ou la dermo-cosmétique qui allie santé et beauté (comme la marque La Roche-Posay), enregistrent des croissances supérieures à 15 %. La zone Asie-Pacifique enregistre quant à elle un bond de 30 %. Ces résultats permettent de compenser des performances moindres en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord, où l’activité a été pénalisée par « le ralentissement du maquillage » selon les équipes de L’Oréal.

Le maquillage boosté par Internet

Le marché mondial des cosmétiques, estimé à 200 milliards d’euros, a enregistré une croissance de 5,5 % en 2018. Outre « l’insatiable désir de beauté » évoquée par le patron du groupe, cette évolution s’explique par des évolutions sociologiques et économiques. Globalement, la population mondiale vieillit, s’urbanise et voit croître ses classes moyennes.

Des facteurs qui poussent à la consommation des crèmes de soin et des produits cosmétiques, sur tous les canaux de vente et notamment sur Internet. À titre d’illustration, L’Oréal a réalisé plus de 10 % de son chiffre d’affaires en e-commerce en 2018, soit une augmentation de 40 % en un an. Les achats en ligne, les tutoriels et partages sur les réseaux sociaux touchent de nouvelles cibles, notamment dans les pays émergents.

En plus, ces médias utilisent des usages ludiques et innovants, comme les simulateurs en temps réel de maquillage et de coiffure, comme l’application Virtual Artist de Sephora.

Des cosmétiques premiums et innovants

L’innovation est également désirée par les consommateurs au niveau des produits. Nouveauté, qualité supérieure, efficacité, autant de caractéristiques que les acheteurs acceptent de payer plus cher.

Ainsi, l’Observatoire Beautynfluence, issu de Prisma Media Solutions spécialisée dans la presse féminine, identifie trois tendances – qui peuvent être complémentaires. Sont désormais recherchés des produits « bien-être » portant la promesse de vie équilibrée ou encore des produits bio, végans ou authentiques pour répondre à des aspirations écologiques. Enfin, la quête de l’expérience conduit à des achats plus communautaires effectués dans le cadre d’ateliers ou de conférences.

Le « no-make-up » à la française

En 2018, comme en 2017, le marché français de la beauté a reculé de près de 1 % en volume, baisse légèrement compensée par la valeur des ventes, selon une étude commandée par le CEW, réseau international des professionnels de la beauté. Le succès du « no-make-up » (sans maquillage) et des soins naturels, s’inscrivant dans le sillage des modes vegan et zéro déchet conduisent à la « simplification des routines beauté », pour les moins de 50 ans majoritairement. Au bilan : moins de produits utilisés quotidiennement mais… plus chers.

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