Offre de rachat validée pour Remade, 211 des 328 emplois supprimés

Offre de rachat validée pour Remade, 211 des 328 emplois supprimés

3
0
SHARE

Devant les locaux de l’entreprise Remade à Poilley, le 13 décembre 2019.

Devant les locaux de l’entreprise Remade à Poilley, le 13 décembre 2019. DAMIEN MEYER / AFP

Le tribunal de commerce de Rouen a validé jeudi 16 janvier une offre de reprise de Remade, spécialiste de la reconstruction de téléphones portables, qui implique la suppression de 211 emplois sur 328. La justice ordonne la « cession totale des actifs » de Remade SAS et Remade Group à la société britannique Forth Wave Technology et autorise le licenciement de quelque deux cents salariés, selon les jugements concernant ces deux sociétés. Le Britannique Suresh Radhakrishnan met 3,3 millions d’euros sur la table.

Fondée en 2013, la jeune PME normande, dont l’activité consiste à acheter et à restaurer des smartphones usagés afin de les revendre ensuite à prix réduits aux grandes enseignes de la distribution, avait connu une ascension fulgurante, comptant jusqu’à près de 700 salariés. La machine s’est cependant inexplicablement enrayée en 2018, conduisant l’entreprise à demander son placement en redressement judiciaire fin septembre 2019.

Une autre offre rejetée

Deux offres avaient été examinées par le tribunal de commerce de Rouen lors d’une audience le 9 janvier. Celle de son ancien PDG et fondateur Matthieu Millet, qui proposait pour 1,3 million d’euros de reprendre 142 salariés, est donc rejetée.

Le parquet a « exprimé de sérieux doutes sur le critère de pérennité et sur des problèmes de recevabilité juridique de cette offre ».

Le Comité social et économique (CSE) avait émis un avis favorable, malgré quelques réserves, à l’offre du Britannique validée par le tribunal, selon l’avocat du CSE Thomas Hollande qui ne souhaitait pas évoquer l’offre de M. Millet.

Ce dernier a été par le passé interdit de gérer plusieurs autres entreprises. A la suite d’un « signalement d’un administrateur judiciaire », Remade fait par ailleurs l’objet d’une enquête préliminaire menée par le parquet de Rennes pour faux bilan et fausses factures. Un groupe d’investisseurs en capitaux dans Remade a porté plainte.

Mises sous scellés

Les salariés de Remade « sont à bout force », avait expliqué mardi à l’Agence France Presse Sophia Garcia secrétaire CFDT du Comité social et économique (CSE). Redoutant que les futurs licenciés ne perçoivent que le minimum légal, les salariés ont « placé les stocks de produits à vendre dans des cages sous scellés » pour faire pression sur les actionnaires.

Mi-décembre, ils avaient détruit près de 7 000 téléphones pour les mêmes raisons. Selon la direction, Remade dispose d’un stock d’au moins 25 000 iPhones reconditionnés commercialisables.

Économie : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

LEAVE A REPLY