Net repli des opérations de M&A transfrontalières

Net repli des opérations de M&A transfrontalières

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Un contexte mondial instable, des tensions commerciales croissantes entre les grandes puissances, des politiques incitant aux investissements locaux doublées d’une complexification réglementaire généralisée et de la montée du protectionnisme : tous les ingrédients étaient réunis, l’an passé, pour freiner les opérations de fusions-acquisitions transfrontalières. De fait, elles ont connu une baisse – en valeur – de 27 % par rapport à 2018, selon une étude récente du  cabinet d’avocats Allen & Overy .

Dans ce paysage, la position de la France apparaît « contrastée ». En effet, les opérations d’origine étrangère ont chuté de 25 %, mais les investissements français à l’étranger ont eux progressé de 41 %, entre le 1er janvier et le 12 octobre 2019, faisant des opérations françaises à l’étranger  les deuxièmes plus importantes , derrière les Etats-Unis. « Les transactions massives comme LVMH-Tiffany témoignent des velléités d’internationalisation des grands groupes, qui s’émancipent d’un marché national trop étroit », précise le cabinet d’avocats.

Autre tendance majeure de l’année :  l’importance des « méga-deals » . Les opérations de plus 10 milliards de dollars ont représenté un tiers du total mondial et celles de plus de 5 milliards de dollars quelque 43 %. « Dans certains secteurs, comme l’automobile, les investissements de fusions-acquisitions sont absolument nécessaires afin de s’adapter au développement technologique et conquérir de nouveaux marchés », souligne Allen & Overy qui explique que « les rapprochements d’envergure, tels que PSA et Fiat Chrystler, permettent à la fois l’ouverture sur de nouveaux marchés nationaux et une synergie technologique qui limite les risques et encourage l’innovation. »

« Les deals stratégiques d’envergure représentent une part considérable parmi l’ensemble des opérations en 2019 au niveau mondial. Ces opérations s’inscrivent dans la stratégie de consolidation des grands groupes, qui poursuivent leur internationalisation dans des secteurs clefs comme l’automobile ou la santé », complète Frédéric Moreau, avocat associé du département M&A du cabinet Allen & Overy. Si le secteur des technologies, médias et télécoms (TMT) a accusé un repli de 15 %, les services financiers ont vu leurs opérations de  fusions-acquisitions progresser de 9 % et les sciences de la vie de 19 %.

De quoi finalement faire de 2019 un bon cru. Malgré un recul de 7 % des opérations en valeur, et de 10 % en volume, par rapport à 2018, l’année 2019 est ainsi « la troisième plus importante en termes de valeur et la quatrième en termes de volume sur les dix dernières années », note le cabinet d’avocats. Mais il faut aussi dire que 2018 était « exceptionnelle » ! Reste que les opérations se jouent essentiellement de l’autre côté de l’Atlantique : le marché américain représente aujourd’hui près de la moitié (48 %) des fusions-acquisitions réalisées au niveau mondial. Avec des volumes en chute de 27 % par rapport à 2018, l’Europe de l’Ouest ne pèse plus que pour 18 % du marché mondial.

A la Une – Les Echos Business

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