Michelin présente son plan social pour l’usine de la Roche-sur-Yon

Michelin présente son plan social pour l’usine de la Roche-sur-Yon

3
0
SHARE

Trois mois après l’annonce de la fermeture de l’usine de la Roche-sur-Yon, la direction de Michelin et l’intersyndicale (CFDT, FO, CFE-CGC et Sud) sont parvenues à conclure un accord sur l’accompagnement des 619 salariés du site. La CGT a assisté aux négociations, sans y prendre part.

« Un accord de qualité, solide, opérationnel car il apporte des propositions concrètes », avance Sophie Benchetrit-Balmary, directrice des relations sociales chez Michelin France. « Même si les salariés gardent un sentiment d’abandon et de frustration, l’accord est équilibré », concède Laurent Bador, délégué syndical central de la CFDT chez le manufacturier.

Augmentation de la prime de mobilité interne

Le dialogue a été « serein, mais difficile, reprend Laurent Bador. La direction, dans ses propositions initiales, n’avait pas pris en compte les salariés ayant déjà subi des plans sociaux. Tout comme la prime d’ancienneté, dont l’augmentation a été obtenue à la toute dernière réunion de négociations ». Le leader syndical reconnaît néanmoins le « gros effort financier » consenti par la direction, décidée à accompagner au mieux les salariés : chacun d’entre eux pourra choisir d’aller sur un autre site de Michelin ou de chercher un autre employeur, avec un accompagnement.

S’ils choisissent la mobilité interne, ils pourront percevoir une prime de mobilité de 40 000 €, initialement prévue à 33 000 € au début des négociations. Si leur nouveau poste devait être moins bien payé, une compensation de l’écart de rémunération est prévue, à hauteur de 75 % de la perte mensuelle, pendant trois ans.

Les syndicats ont obtenu qu’une centaine de postes soient garantis à Cholet, où se trouve le site Michelin le plus proche de celui de la Roche-sur-Yon. Une réorganisation du travail dans le site du Maine-et-Loire permettra d’« absorber » la centaine de salariés susceptibles de venir de la Roche-sur-Yon.

Michelin veut accompagner les salariés de son usine de La Roche-sur-Yon

La mobilité externe bien accompagnée

Autres possibilités : partir en pré-retraite ou trouver du travail ailleurs. Dans ce dernier cas, à l’indemnité conventionnelle s’ajoutera une indemnité supra-conventionnelle de 40 000 €, enrichie de deux autres primes : l’une tenant compte de l’âge (deux mois de salaire pour ceux âgés entre 20 et 30 ans, quatre mois de salaire pour ceux âgés de trente à quarante ans, etc. jusqu’à huit mois de salaire) et l’autre de l’ancienneté (500 € par année d’ancienneté). Enfin, si un salarié est moins bien payé dans une autre entreprise, Michelin compensera l’écart de salaire mensuel jusqu’à 400 € pendant 36 mois.

« Nous proposons un accompagnement très personnalisé des salariés », décrit Sophie Benchetrit-Balmary. L’entreprise prendra en charge le coût d’un éventuel déménagement, des frais d’agence nécessaires pour s’installer dans un autre domicile, des frais de scolarité de l’enfant qui serait obligé de rester à la Roche-sur-Yon pendant une année, alors que ses parents quittent la ville.

Le conjoint d’un salarié pourra également être accompagné et se voir financer, par exemple, un bilan de compétences. Michelin subviendra également aux besoins des salariés désireux de créer leur entreprise, à hauteur d’environ 20 000 €.

L’accord signé d’ici à la fin du mois ?

« Plus de la moitié des personnes voudront quitter l’entreprise, estime Laurent Bador. La-Roche-sur-Yon est dans un bassin d’emplois porteur. Il y a aussi le fait que plusieurs n’ont plus confiance dans Michelin. Le site de la Roche ferme, alors même que les salariés avaient fait un gros effort de compétitivité ». L’approbation du plan social par les salariés est attendue en début de semaine.

Si, d’ici à la fin du mois, l’accord est signé, la Dirrecte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) aura à le valider, avant que l’activité ne cesse progressivement et que l’usine ne ferme, conformément au calendrier envisagé par la direction de Michelin, « à l’horizon de la fin 2020 ».

La Croix.com – Les derniers articles :Economie

LEAVE A REPLY