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« L’or a retrouvé tout son lustre, pour le plus grand bonheur de ses thésauriseurs »

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Si vous possédez lingots, souverains ou napoléons, vous êtes les rois de la fête. La galette est à vous, sans même tirer la fève. Une galette dorée sur tranche… L’or a, en effet, retrouvé tout son lustre, pour le plus grand bonheur de ses thésauriseurs. Au point qu’ils se goinfrent des marges spéculatives, plus roboratives encore qu’une frangipane au beurre.

La courbe du cours de l’or illustre à elle seule l’aubaine. Il y a un an, le prix du métal jaune était étale, autour des 1 250 dollars (1 124 euros) l’once. Malgré les rodomontades du président américain, Donald Trump, l’or roupillait, telle une marmotte en hibernation. Soudain, à l’été, l’or est sorti de sa torpeur. Le souffle de la spéculation a ravivé les braises et le métal jaune est entré en fusion. En décembre, il passait au-dessus des 1 500 dollars l’once, bouclant l’année 2019 sur une progression de près de 20 %.

2020 a démarré en fanfare. Qu’on en juge : mardi 7 janvier, l’once d’or a tutoyé la barre des 1 600 dollars. Un niveau que le métal précieux n’avait plus atteint depuis avril 2013. L’annonce de la mort du général iranien Ghassem Soleimani, exécuté par l’armée américaine, a donné corps au spectre d’une escalade des tensions entre l’Iran et les Etats-Unis. D’autant que l’Iran n’a pas manqué de riposter en attaquant des bases américaines en Irak. Le réflexe de l’or valeur refuge a fait craquer l’allumette et s’enflammer les cours. D’ailleurs, la volonté exprimée par les deux protagonistes, à l’issue de cette passe d’armes, de calmer le jeu, a immédiatement provoqué un reflux du cours de l’or. Vendredi 10 janvier, il se négociait autour des 1 550 dollars l’once.

Le palladium en tête

Les tensions géopolitiques multiples ne sont pas seules à expliquer ce regain de faveur pour l’or. La baisse des taux d’intérêt et les emplettes de métal précieux des banques centrales soucieuses d’accroître leur réserve contribuent également à lui redonner son éclat. Mais les spéculateurs ont aussi fait bouillir d’autres métaux en 2019. Et parfois, à plus haute température.

Le nickel, par exemple, a terminé l’année sur une progression de près de 30 %. En agitant la menace de l’embargo, l’Indonésie a fait flamber le cours du métal du diable. Mieux encore. Le palladium poursuit sa trajectoire ascensionnelle défiant toutes les lois de la gravité. Son prix a dépassé le seuil des 2 100 dollars l’once, propulsé par la perspective d’un marché déficitaire, alors que les constructeurs automobiles en ont besoin pour filtrer les émissions des moteurs à essence. Volant de record en record, son cours a quasi doublé en un an. Le palladium a donc pris de vitesse l’or dans la ligne droite et ne se laisse plus rattraper. Reste à savoir si l’or bénéficiera de l’année olympique avec son lot de breloques si chèrement décrochées par les champions, pour retrouver en 2020 sa couronne de métal le plus précieux. Or et palladium vont en découdre pour le podium…

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