« Le nickel, “métal du diable”, est tout feu tout flamme »

« Le nickel, “métal du diable”, est tout feu tout flamme »

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Le cours du métal affiche encore une progression de plus de 50 % depuis janvier. Il dépasse la cote des 16 000 euros la tonne, explique, dans une chronique, Laurence Girard, journaliste au « Monde ».

Publié aujourd’hui à 09h00 Temps de Lecture 2 min.

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Dans une usine de transfortmation du nickel, à Soroako, en Indonésie, en mars.

Dans une usine de transfortmation du nickel, à Soroako, en Indonésie, en mars. BANNU MAZANDRA / AFP

Matière première. Attention, métal brûlant ! Cette année, le nickel brille de mille feux spéculatifs. Même si la fièvre est légèrement retombée, son cours affiche encore une progression de plus de 50 % depuis janvier. Il dépasse la cote des 16 000 euros la tonne. Sachant qu’en septembre, il avait même franchi la barre des 18 000 euros la tonne. Un plus haut depuis cinq ans.

Le nickel, qualifié de « métal du diable » est tout feu tout flamme. Ne cherchez pas du côté de l’essor des véhicules électriques les seules raisons de ce soudain embrasement. Même si, précieux ingrédient des batteries rechargeables, il se glisse sous le capot de ces voitures dites « à propulsion propre ». Bien sûr, les prévisions sur la comète électrique, qui tablent sur 140 millions de véhicules d’ici à 2030, créent des étincelles dans les yeux des spéculateurs. Le géant minier anglo-suisse Glencore a sorti sa calculette et estime qu’il faudra 1,3 million de tonnes supplémentaires de nickel pour faire briller les chromes de la voiture électrique. De quoi mettre le marché sous tension.

Le spectre de l’embargo indonésien

Mais pour l’heure, c’est l’Indonésie qui souffle sur les braises. En agitant le spectre de l’embargo, le plus grand producteur mondial de nickel de la planète, a enflammé les marchés. A l’origine, ce pays, qui extrait près du quart des volumes de ce métal chaque année, évoquait une barrière à l’exportation en 2022. En août, il a créé la surprise en annonçant qu’elle se dresserait dès janvier 2020, alimentant la spéculation. Le président indonésien, Joko Widodo, souhaite que son pays ne se contente pas d’exporter des matières premières brutes. Dans ce contexte, le groupe minier brésilien Vale, numéro un mondial du nickel, a dû céder 20 % de sa filiale Vale Indonesia à la compagnie minière publique indonésienne MindID.

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Les soubresauts du cours du nickel s’expliquent aussi par le groupe Tsingshan. Ce géant sidérurgique chinois est devenu le premier producteur mondial d’acier inoxydable. Son filon : produire un alliage à faible teneur en nickel, baptisé « nickel pig iron ». Or l’acier inoxydable absorbe, à lui seul, 69 % des volumes du métal argenté. Tsingshan fait donc désormais la pluie et le beau temps sur le cours de cette matière première.

Peu de métaux peuvent se targuer d’une envolée aussi spectaculaire que le nickel en 2019. Seul le palladium défie les lois de l’apesanteur. Son cours s’est encore apprécié de près de 40 % depuis le début de l’année et tutoie son plus haut niveau historique de 1 800 dollars (1 630 euros), l’once. Or, même si l’or est sorti de sa torpeur au printemps, il s’est essoufflé. Stabilisé à 1 500 dollars l’once, il a dû céder sa couronne de métal le plus précieux. Le palladium reste au summum…

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