La rémunération des commerciaux en hausse en 2020 ?

La rémunération des commerciaux en hausse en 2020 ?

3
0
SHARE

La guerre des talents ne se joue plus uniquement sur les salaires, ne cessent de mettre en exergue les différentes enquêtes sur les motivations des cadres. Gare toutefois à ne pas faire de la rémunération un levier totalement accessoire pour attirer le brillant trentenaire qui développera le chiffre d’affaires… Les entreprises ont déjà du mal à recruter des commerciaux ;  le métier se transforme mais la vente ne fait toujours pas rêver les jeunes « managers » diplômés, qui lui préfèrent la finance, ou la RSE.

Pour appâter ces derniers mais aussi pour garder les commerciaux plus expérimentés que l’on ne veut pas perdre, Uptoo, le spécialiste du recrutement de ces profils, fait une mise en garde : « en 2020, les commerciaux n’accepteront pas un package en dessous du marché, même si l’ambiance de travail est agréable. Pour se protéger du climat économique ambiant, ils négocient leur fixe à la hausse- ce qui n’est pas prévu dans les plans des entreprises. Les directions devront donc être créatives pour réconcilier la prise de risque de ces équipes et leur motivation », explique le cabinet.

Le marché s’organise en 2019 autour d’un salaire moyen de 52.000 euros – dont 38.000 euros de fixe et 14.000 euros de variable, selon la vaste étude qu’Uptoo publie. Ce niveau traduit une hausse moyenne de 4 % sur un an mais marque encore un écart négatif de 4.000 euros avec  la rémunération moyenne des cadres français . Un commercial débutant aura perçu 38.000 euros, dont 28.000 euros de fixe ; un professionnel confirmé 66.000 euros, dont 50.000 euros de fixe. Bien entendu, les différences existent selon les secteurs d’activité, les régions, et, même, les niveaux d’étude.

Avec moins de 5 ans d’expérience ou avec un parcours de plus de quinze ans, l’informatique reste un bon payeur. Un ingénieur commercial fort de 2 à 5 ans d’expérience professionnelle peut compter sur une rémunération allant de 36.000 à 48.000 euros par an, tandis qu’un business developper de même niveau dans le monde du logiciel peut tabler sur 42.000 à 61.000 euros annuels. Dans l’informatique-bureautique et les télécoms, « certaines structures sont capables de proposer des packages allant de 90.000 à 100.000 euros par an et captent l’essentiel des candidats », note Uptoo. En même temps, dans les logiciels, les progiciels et le cloud, où la croissance devrait avoir atteint 4 % en 2019 grâce aux logiciels en tant que services (SaaS), les salaires grimpent. « Un commercial avec moins de 2 ans d’expérience peut aller chercher jusqu’à 39.000 euros par an, soit 35 % de plus que la moyenne des autres commerciaux juniors », souligne l’étude. Autre secteur engageant : la santé qui, en pleine modernisation, attire les investisseurs. Les intentions d’embauches y augmentent et les rémunérations progressent de 8 % par rapport à 2018. Les profils débutants démarrent avec une rémunération moyenne de 38.000 euros.

A contrario, l’« ancien monde » pourrait être moins attirant : dans la distribution, par exemple, les salaires des commerciaux restent parmi les plus bas du marché. Un commercial terrain ou sédentaire qui a moins de 5 ans d’expérience peut compter sur une rémunération annuelle comprise entre 25.000 et 37.000 euros par an ; un directeur commercial ayant dix à quinze ans d’expérience entre 55.000 et 70.000 euros, contre 100.000 à 130.000 euros dans les logiciels.

Le luxe, les loisirs et le tourisme d’affaires B2B ont repris de la vigueur mais restent dans les fourchettes basses des rémunérations, à peine au-dessus de celles pratiquées dans la distribution. Dans l’industrie, les doubles casquettes techniques et commerciales demeurent les plus recherchés et les mieux rémunérées, avec un salaire moyen annuel de 56.000 euros. Le secteur est ainsi le deuxième secteur le plus rémunérateur pour les commerciaux en France.

Les solutions marketing et les relations clients ont également le vent en poupe. Les besoins en recrutement sont en hausse et les rémunérations suivent (+4 %). Un commercial débutant y gagne en moyenne 35.000 euros par an et un responsable de comptes clés, avec dix ans d’expérience, 63.000 euros. La situation est autre dans la publicité, le digital et le référencement, avec des salaires restent en dessous de la moyenne nationale. On assiste là, analyse Uptoo, à « une polarisation des rémunérations, avec d’un côté des commerciaux d’agence de publicité traditionnelles qui conservent des salaires historiquement bas et de l’autre des commerciaux de start-up avec de gros packages ». La générosité des start-up pour s’assurer des meilleurs potentiels en vente se retrouve traditionnellement dans les cabinets de conseils : les commerciaux débutants peuvent espérer un salaire moyen de 36.000 euros, soit 10 % de plus que la moyenne de la profession. C’est presque inversement proportionnel à ce qui se passe dans les « autres services aux entreprises », où l’écart est toutefois rattrapé au fil de la carrière.

La vraie surprise viendrait-elle finalement du secteur finance, banque et assurance ? Les packages moyens qui y sont proposés sont inférieurs de 5 % à la moyenne. Un chargé d’affaires junior y gagne entre 20.000 et 25.000 euros par an.

A la Une – Les Echos Business

LEAVE A REPLY