La plate-forme de publicité ciblée Criteo plombée par Google

La plate-forme de publicité ciblée Criteo plombée par Google

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Le ministre français de l’économie et des finances, Bruno Le Maire (à gauche), et le cofondateur de Criteo, Jean-Baptiste Rudelle, à Paris, en octobre 2019.

Le ministre français de l’économie et des finances, Bruno Le Maire (à gauche), et le cofondateur de Criteo, Jean-Baptiste Rudelle, à Paris, en octobre 2019. ERIC PIERMONT / AFP

C’est un nouveau coup dur pour Criteo. Mardi 14 janvier, Google a annoncé sa volonté d’éliminer, d’ici à 2022, les cookies publicitaires sur son navigateur, Chrome. Conséquence immédiate : le champion français de la publicité ciblée a été lourdement sanctionné en Bourse. Ainsi, son action a terminé la séance de mardi au Nasdaq par un recul de 15,9 %. La chute se poursuivait mercredi, (-9,68%), le titre tombant à 13,81 dollars (12,3 euros). Pour la nouvelle dirigeante de la société, Megan Clarken, arrivée en novembre, il s’agit de la première crise majeure à gérer.

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La réaction des marchés est logique : les cookies – ces fichiers qui permettent notamment de tracer les internautes sur le Web – représentent la clé du succès de Criteo. C’est en exploitant les informations fournies par ces mouchards que la firme a réussi à se tailler une place de choix dans le monde de la publicité. Avec une spécialité : le reciblage (retargeting), qui permet à ses clients d’afficher des bannières personnalisées sur le parcours des internautes. Le succès est fulgurant. Fondée en 2005, Criteo accède rapidement au rang de licorne, ces start-up valorisées à plus d’un milliard de dollars. En 2013, elle s’introduit au Nasdaq. Deux ans plus tard, son action se négocie à 55 dollars.

Depuis, cependant, les soucis s’accumulent pour l’entreprise fondée par Jean-Baptiste Rudelle, Romain Niccoli et Franck Le Ouay. Le premier coup de semonce vient d’Apple, lorsque la marque à la pomme décide, en juin 2017, de restreindre largement la possibilité d’installer des cookies publicitaires sur son navigateur, Safari. Après avoir minimisé l’impact de ce changement, la société convient, au mois de décembre suivant, que celui-ci va grever son chiffre d’affaires de 22 %.

Sentant le vent tourner pour elle, l’ex-licorne française s’est engagée, il y a deux ans, dans un vaste mouvement de transformation

L’année suivante, autre mauvaise surprise. Au mois de juillet, Facebook retire à Criteo son statut de partenaire privilégié, arguant que la société ne peut garantir aux annonceurs des performances suffisamment satisfaisantes. Dans la foulée, la banque Goldman Sachs revoit à la baisse ses prévisions de résultat. En réaction, la compagnie tricolore a porté plainte, en octobre 2019, contre le réseau social américain devant l’autorité de la concurrence, estimant que « l’exclusion progressive d’entreprises de la plate-forme Facebook [nuisait] à la diversité du secteur de la publicité en ligne ».

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