La France se pique d’élevage d’insectes

La France se pique d’élevage d’insectes

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Des larves de mouches soldats noires, à l’usine InnovaFeed de Gouzeaucourt (Nord), le 15 janvier.

Des larves de mouches soldats noires, à l’usine InnovaFeed de Gouzeaucourt (Nord), le 15 janvier. AIMEE THIRION POUR LE MONDE

L’élevage d’insectes va-t-il prendre son envol en France en 2020 ? L’heure est, en tout cas, à l’épreuve de la réalité pour les projets industriels mûris depuis plusieurs années. Que ce soient InnovaFeed, NextAlim, Mutatec ou Ynsect, tous tentent maintenant de déployer les ailes d’une production de protéines d’insectes sur le territoire français.

La mouche soldat noire, autrement dénommée Hermetia illucens, est aux avant-postes de cette filière où tout reste à défricher. InnovaFeed, NextAlim, Mutatec ou Agronutris, par exemple, misent sur elle. Même si Ynsect croit, elle, au potentiel du ver de farine, le Tenebrio molitor. « Nous avons un positionnement haut de gamme », revendique Antoine Hubert, cofondateur d’Ynsect, qui défend son choix alternatif. Aux poissons ou aux chats et chiens de trancher.

En effet, toutes ces start-up salivent pour l’instant à l’évocation des mêmes marchés : l’aquaculture et la petfood, à savoir l’alimentation destinée aux animaux de compagnie. La décision de Bruxelles d’autoriser, en 2017, les insectes comme nourriture pour les poissons d’élevage, a conforté les ambitions déclarées.

Levées de fonds, argent public

Toutefois, le chiffre d’affaires de ces pionniers reste aujourd’hui très limité. « Il est très faible, car la production de notre site pilote de Dole [Jura] est limitée à 200 tonnes », concède M. Hubert. « Nous ne communiquons pas notre chiffre d’affaires », rétorque Clément Ray. Le cofondateur d’InnovaFeed préfère évoquer un objectif situé entre 30 millions et 50 millions d’euros en 2022, lorsque le site de Nesle (Somme) devrait être en vitesse de croisière, en se prévalant d’un accord avec la société de négoce américaine Cargill pour écouler sa production.

Les chiffres d’affaires de ces pionniers restent aujourd’hui très limités

Pour autant, l’argent coule à flots dans ces start-up. Ynsect et InnovaFeed ont respectivement levé 130 millions et 55 millions d’euros. Le sujet fait mouche auprès des investisseurs, qui se bousculent au portillon pour être de l’aventure. Les groupes de gestion des déchets répondent présents. Suez est entré au capital de NextAlim, en 2017, pour financer un site pilote à Poitiers. Quant à Veolia, il a fait le choix de soutenir la société Mutatec, installée à Châteaurenard (Bouches-du-Rhône). Pour les deux multinationales, l’élevage d’insectes entre dans leur volonté de se faire le chantre de l’économie circulaire, de la valorisation des déchets organiques dévorés par les larves de mouche ou par les vers de farine.

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