«Journée sans cheminots» : les syndicats veulent booster la grève

«Journée sans cheminots» : les syndicats veulent booster la grève

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Les organisations syndicales battent le rappel. Pour cette neuvième séquence de deux jours de grève contre la réforme ferroviaire, l’intersyndicale CGT-UNSA-SUD RAIL-CFDT veut frapper fort. Ce lundi, elle exhorte tous les salariés de la SNCF à participer à « la journée sans cheminots ». Une grève version XL. « Concrètement, on va aller chercher les salariés dans les bureaux pour les convaincre de cesser le travail, confie un militant syndical. On doit montrer au Gouvernement que le mouvement ne s’essouffle pas ».

Le trafic très perturbé ce lundi

Un pari plutôt bien parti. Ce dimanche, la compagnie ferroviaire a annoncé que le trafic serait « très perturbé » avec seulement un TGV sur trois et un TER sur trois contre un TGV sur deux et deux TER sur cinq pour la journée de grève de dimanche. Une première depuis le 23 avril, date à laquelle le trafic était passé de « très perturbé » à « perturbé ».

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Une « journée sans cheminots » qui pourrait conduire à des débordements. « Quand la grève dure, il y a toujours le risque que certains cheminots grévistes se radicalisent et bloquent les trains autrement qu’en faisant grève, s’inquiète un responsable syndical. C’est ce qui s’était passé pendant la grande grève de 1995. Pour empêcher les circulations, on bloquait les aiguillages ».

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« Nous avons besoin d’événements qui entretiennent la flamme »

Un risque bien identifié par la direction de la SNCF qui rappelle régulièrement que toutes exactions feront l’objet de poursuites. Avec cette journée, les syndicats ont UN objectif : faire remonter une mobilisation qui a atteint son plus bas niveau le 9 mai avec seulement 14,5 % de gréviste contre 33,9 % lors du premier jour de mobilisation le 3 avril. « Une grève pour qu’elle se maintienne il faut la nourrir, justifie ce même syndicaliste. Nous avons besoin d’événements, de moments forts, qui entretiennent la flamme ».

Début de la consultation interne

Pas étonnant, alors, que l’intersyndicale lance, le même jour le début de sa consultation. Baptisée « Vot’action », elle permettra aux 147 000 cheminots de répondre, jusqu’au 21 mai, 10 heures, à cette question : « Êtes-vous pour ou contre le pacte ferroviaire porté par le gouvernement ? ».

D’ores et déjà, Guillaume Pepy, président du directoire de la SNCF, a prévenu qu’il n’accorderait aucune légitimité à cette consultation : « La réforme ferroviaire est un sujet qui ne concerne pas que l’entreprise mais tous les Français et qui sera tranché par les élus nationaux dans quelques semaines », justifie le patron de l’entreprise publique.

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Les négociations continuent

Pour l’intersyndicale, il s’agit de montrer que l’opposition à la réforme ferroviaire est plus importante que les chiffres de grévistes publiés par la direction de la SNCF. Pour voter, les cheminots disposeront d’urnes installées dans les principaux établissements ferroviaires dans toute la France. Dans le même temps, les négociations continuent avec le ministère des Transports, et notamment avec la CFDT et l’Unsa, pour amender le projet de loi qui sera examiné au Sénat à partir du 29 mai.

Suite à nos révélations sur la volonté de la compagnie d’ouvrir une brèche pour une possible privatisation de l’entreprise publique, les syndicats veulent redoubler de vigilance. « On va tenter d’écarter complètement cette possibilité, confie un responsable. Malgré ses dénégations, on sent bien que la direction de la SNCF n’est pas très claire sur ce sujet ».

Le Parisien – Économie

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