Hôpital : les internes travaillent 7 heures de trop par semaine

Hôpital : les internes travaillent 7 heures de trop par semaine

4
0
SHARE

Temps de travail, de repos, de formation : rien ne va à l’hôpital. C’est une étude d’ampleur qui l’affirme et cela ne va pas calmer les tensions entre le ministère de la Santé et les soignants. Inquiets des conditions de travail des internes, ces étudiants en stage à l’hôpital après six ans d’études, l’Intersyndicale nationale des internes (ISNI), a questionné les intéressés pour la deuxième fois depuis 2012.

Pas moins de 8000 sur les 28 000 internes que compte la France, ont répondu à cette enquête lancée en mai et achevée fin juillet, et publiée ce jeudi soir.

Une légère amélioration depuis 2012

Il en ressort que ces presque médecins utilisés souvent par l’hôpital comme variable d’ajustement d’effectifs toujours insuffisants, travaillent 55 heures par semaine en moyenne alors que leur temps de travail légal est plafonné à 48 heures. « C’est un peu mieux que lors de notre précédente enquête de 2012 où la moyenne était de 60 heures, réagit le président de l’ISNI, Antoine Reydellet. Mais cette baisse cache des dégradations ».

L’enquête fait en effet ressortir que 30 % des internes déclarent ne pas pouvoir prendre leur repos de sécurité au lendemain des gardes. En 2012 ils n’étaient « que » 21 %. Enfin, seul un quart des internes avoue pouvoir prendre « systématiquement ou souvent » les demi-journées hebdomadaires de formation personnelle auxquelles ils ont droit, notamment pour rédiger leur thèse de fin d’études.

Et les choses ne vont pas s’arranger pour ces étudiants médecins car la réforme du 3e cycle veut les pousser à aller aussi en stage dans les cabinets libéraux, pour qu’ils connaissent cette pratique particulière. Or 4/5 des internes font aujourd’hui leur stage à l’hôpital…

Le ministère veut faire respecter les bonnes pratiques

Le ministère est conscient de ces conditions de travail dégradées puisqu’il a mis en place en juillet dernier le Centre national d’appui qui doit diffuser les bonnes pratiques auprès des hôpitaux.

Mais « il reste encore à faire », souffle Antoine Reydellet. Son intersyndicale demande donc à la ministre un meilleur contrôle des tableaux de service sur lesquels n’apparaissent pas souvent les heures de travail additionnelles au temps légal. Elle demande aussi la remise en cause des agréments de stages donnés aux établissements qui ne respectent pas la réglementation. Enfin, l’ISNI exige la publication du temps de travail moyen par service hospitalier. Sans oublier le paiement des heures supplémentaires. Aujourd’hui un interne perçoit entre 16 000 € et 25 000 € par an selon son niveau d’étude.

« L’amélioration des conditions de travail des internes doit devenir l’affaire de tous, insiste Antoine Reydellet. Il n’y a pas qu’aux Urgences qu’il y a des problèmes dans les hôpitaux! ».

Le Parisien – Économie

LEAVE A REPLY