Garde d’enfants : des milliers de familles sur le carreau à cause...

Garde d’enfants : des milliers de familles sur le carreau à cause de bugs de Pajemploi

3
0
SHARE

Depuis la fin du mois de mai, le complément de libre choix du mode de garde (CMG), destiné à aider financièrement les parents qui font garder leur enfant, est versé directement par Pajemploi, un service de l’Urssaf, et non plus par les Caisses d’allocation familiales (CAF) ou la Mutualité sociale agricole (MSA). Un changement dont l’avantage est de réduire le laps de temps durant lequel les 860 000 familles bénéficiaires doivent avancer le salaire de leur assistante maternelle ou de leur garde à domicile avant de toucher l’aide financière, qui peut s’élever jusqu’à 468 euros par mois.

Sauf que rien n’est jamais simple. La réforme s’est accompagnée de graves dysfonctionnements dénoncés par des parents regroupés depuis fin octobre dans le collectif Familles en lutte. Ils sont nombreux à ne plus recevoir d’aides depuis six mois, ou à être prélevés de cotisations sociales normalement prises en charge par la CAF. Avec, dans certains cas, des conséquences financières désastreuses : dépassement de découvert, interdiction bancaire. Certains sont même obligés de licencier leur assistante maternelle. Un motif d’inquiétude pour Véronique Delaitre, du syndicat FO des assistant(e) s maternel (le) s, qui confirme avoir reçu plusieurs appels de professionnelles redoutant de perdre leur contrat.

Officiellement, 2 % des particuliers employeurs concernés

Selon Adrien Gauthier, chargé de communication de Pajemploi, ces dysfonctionnements, identifiés dès le mois de juin, sont liés à des problèmes de transfert de données entre la CAF et Pajemploi à cause de « pertes ou d’erreurs d’information ». Une cellule spécifique a été mise en place afin d’accompagner les familles concernées, qui ne représenteraient officiellement que 2 % des particuliers employeurs, soit moins de 18 000 personnes. Or, toujours selon Adrien Gauthier, ce sont 21 000 familles qui auraient été remboursées de cotisations sociales indûment prélevées rien qu’au mois de septembre et d’octobre. Avant d’ajouter qu’il reste « quelques milliers de comptes en souffrance, qui nécessitent une analyse complémentaire ».

Multipliant les appels et relances à l’administration, les familles du collectif dénoncent le manque de communication « et de considération aux situations très difficiles rencontrées ». Pajemploi affirme pourtant avoir mis en place une commission sociale d’urgence et avoir versé des acomptes sur prestations aux ménages en difficulté.

«Je ne touche aucune aide»

Julie Baillard, maman d’Alessio, 2 ans, n’en a pas vu la couleur. Cette secrétaire de clinique, originaire des Alpes-Maritimes, ne perçoit aucune aide pour l’assistante maternelle qu’elle emploie depuis le mois de février car elle n’a tout simplement jamais réussi à la déclarer sur la plateforme Pajemploi !

« J’ai fait une demande de CMG à la CAF qui a été acceptée, à la suite de quoi j’aurais dû recevoir un numéro d’employeur et un mot de passe par courrier, mais j’attends toujours », raconte la trentenaire qui envoie des mails tous les deux jours à Pajemploi. « La CAF m’a dit qu’elle avait essayé de renvoyer les informations mais sans succès. En attendant, je ne touche aucune aide alors que je dois payer mon assistante maternelle 660 euros par mois, soit la moitié de mon salaire ».

Bien malgré elle, Julie est obligée de la rémunérer en éditant elle-même des bulletins de paye. Une situation inconfortable à laquelle l’assistante maternelle envisagerait de mettre fin en laissant la mère de famille sans solution de garde. « J’ai vraiment le moral à zéro », se désole Julie, qui a l’impression de payer le prix fort d’une réforme mal préparée.

Afin de traiter tous les dossiers en attente, Pajemploi a recruté des téléconseillers en renfort, mais n’avance aucune date pour la résolution complète des dysfonctionnements.

Le Parisien – Économie

LEAVE A REPLY