Faut-il en finir avec les énormes navires de croisière ?

Faut-il en finir avec les énormes navires de croisière ?

5
0
SHARE

La compagnie suisse MSC Cruises doit inaugurer, le 9 novembre à Hambourg, le paquebot géant « MSC Grandiosa », long de 331 mètres et construit par les Chantiers de l’Atlantique. Une folie ? Ces quelques arguments vous inviteront à embarquer. Ou à rester à quai.

Publié aujourd’hui à 07h15 Temps de Lecture 2 min.

Article réservé aux abonnés

M Le magazine du Monde

Ecologiques, socio-économiques ou touristiques, vos arguments et contre-arguments pour un débat de soirée.

Pour

L’argument écolo

Ces barres d’immeubles flottantes sont des catastrophes écologiques. Selon un rapport de France Nature Environnement, un navire moyen émet par jour l’équivalent d’un million de voitures en particules fines. Rien qu’à Marseille, l’ensemble des paquebots qui y font escale seraient, d’après une étude de Transport & Environnement, responsables de 10 % de la pollution atmosphérique.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les côtes européennes asphyxiées par les navires de croisière

L’argument économique et social

L’industrie des croisiéristes n’en finit pas d’encourager un dumping social mondialisé. La plupart des paquebots naviguent en effet sous des pavillons de complaisance (Bahamas, Panama, Bermudes…) qui ont le suprême avantage de ne pas être très regardant en matière de législation sociale. Résultat : les 2 000 membres d’équipage de ces géants des mers (principalement des Philippins, Pakistanais, Indonésiens, Indiens…) sont embauchés dans des conditions (temps de travail, salaires…) très largement en deçà des minima européens.

L’argument touristique

Le simple fait que ces poubelles géantes fragilisent les fondations de Venise devrait suffire à les interdire jusqu’à la nuit des temps. L’industrie de la croisière bon marché est en train de transformer de nombreuses villes du bassin méditerranéen en escales d’un immense parc à thème : en plein été, il est tout simplement impossible de visiter Dubrovnik, Cagliari ou Palerme sans être englouti par ces paquets de touristes, guidés à l’aide d’oreillettes et de la couleur du bob de leur accompagnateur. Un cauchemar éveillé.

Lire aussi Mostra de Venise : des manifestants occupent le tapis rouge pour dénoncer la présence des navires

Contre

Le contre-argument écolo

Certes, le paquebot pollue. Mais il faut raison garder. D’abord, le secteur des transports n’est que le deuxième contributeur mondial d’émissions de CO2 (autour de 24 %) derrière celui de la production d’énergie, selon l’Agence internationale de l’énergie. Ensuite, la part du transport maritime est faible (11 %) comparée à celle de la route (74 %). Enfin, quand on sait que les croisières ne représentent que 1 % du transport maritime mondial, on conclut que l’avenir de la planète ne dépend pas d’une petite balade en Méditerranée.

Le contre-argument économique et social

Économie : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

LEAVE A REPLY