Des parlementaires européens militent pour un Nutri-Score obligatoire

Des parlementaires européens militent pour un Nutri-Score obligatoire

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En Belgique, en France, en Espagne et en Allemagne, le Nutri-Score, cet étiquetage des produits alimentaires reposant sur un code couleur et cinq lettres (du vert au rouge et de A à E, selon leur qualité nutritionnelle), existe, mais il n’est que facultatif. Résultat : un produit sur quatre seulement est étiqueté.

Jeudi 7 novembre, une poignée d’eurodéputés très motivés a délaissé l’hémicycle pour tenter de renverser la tendance, en collant eux-mêmes des vignettes Nutri-Score dans les rayons de l’un des supermarchés au pied du Parlement européen à Bruxelles.

Faut-il rendre le Nutri-Score obligatoire ?

Des eurodéputés au supermarché

Parmi eux, l’écologiste Michèle Rivasi n’en démord pas : « Il faut passer à un Nutri-Score obligatoire car à l’heure actuelle, pour faire un choix avisé, il faut deux paires de lunettes ! » Le Belge Philippe Lamberts, qui vient d’apposer une vignette « E », rouge, sur une tablette de chocolat noir, lance : « Je ne vois pas au nom de quoi on peut s’opposer au Nutri-Score ! » Des collègues croates, allemands, irlandais et luxembourgeois les accompagnent. « Au Parlement, tous les députés ne sont pas encore sensibilisés à la transparence nutritionnelle, mais cela viendra », maintient une source de l’institution qui travaille depuis longtemps sur le Nutri-Score.

Une initiative citoyenne européenne

En mai, une initiative citoyenne européenne a été lancée pour « demander à la Commission européenne d’imposer l’étiquetage simplifié Nutri-Score pour garantir une information nutritionnelle de qualité aux consommateurs européens et protéger leur santé ». Si cette pétition recueille un million de noms, l’exécutif européen sera obligé de se pencher sur les demandes des signataires. En attendant, les eurodéputés espèrent attirer l’attention sur ce problème sensible, au carrefour entre la santé publique, la nutrition et la grande distribution.

« Simple, pas simpliste »

Pour inciter la Commission à légiférer, le Parlement pourrait adopter une résolution réclamant de rendre obligatoire l’étiquetage mis au point par l’épidémiologiste Serge Hercberg. Celui qui n’a jamais douté de l’impact positif du logo sur la qualité nutritionnelle du panier des consommateurs fustige les lobbys de défense des intérêts de multinationales comme Kellogg’s, Mars, Mondelez et autres Coca-Cola : « Elles disent que le Nutri-Score est simpliste. Non, il est simple ! Ils le décrivent comme stigmatisant, mais il est informatif », relève-t-il.

Concrètement, la Commission pourrait proposer de rouvrir un règlement de 2011 « sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires ». Franchira-t-elle le pas ? Pendant son audition devant le Parlement, la commissaire désignée à la Santé, Stella Kyriakides, s’est en tout cas engagée à soutenir l’idée de normes européennes uniques. « Je voudrais voir une approche commune à travers les États », a-t-elle déclaré. Reste à savoir si elle prendra ou non la forme du Nutri-Score.

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