Démission groupée d’avocats japonais de Carlos Ghosn

Démission groupée d’avocats japonais de Carlos Ghosn

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Junichiro Hironaka, à Tokyo, en mars 2019.

Junichiro Hironaka, à Tokyo, en mars 2019. Issei Kato / REUTERS

Cette décision n’est pas une totale surprise. L’avocat japonais le plus médiatique de Carlos Ghosn, Junichiro Hironaka, a annoncé, jeudi 16 janvier, le retrait de tout son cabinet de l’ensemble du dossier Ghosn. Après l’évasion de son client au Liban, M. Hironaka avait d’ailleurs signalé qu’il allait se retirer. Mais il était en théorie possible que d’autres avocats de son cabinet prennent la relève.

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Deux autres cabinets d’avocats japonais, celui de Hiroshi Kawatsu et celui de Takashi Takano, travaillaient aussi depuis un an avec M. Hironaka pour défendre l’ancien dirigeant de l’alliance Renault-Nissan, visé par quatre inculpations au Japon. Une source proche de M. Takano a précisé à l’Agence France-Presse que lui et son équipe jetaient aussi l’éponge sur ce dossier, tandis que le bureau de M. Kawatsu a déclaré ne pas avoir d’informations à donner aux médias pour le moment.

Lors des entretiens qu’il a accordés à divers médias depuis le Liban, M. Ghosn avait pourtant déclaré avoir toujours grand besoin de ses défenseurs japonais. Toutefois, ceux-ci ont été précipités dans un grand embarras par la fuite de leur client, dont l’interdiction de quitter le Japon était une condition de sa libération sous caution pour laquelle ses avocats s’étaient portés garants.

Refus de laisser saisir du matériel informatique

Né le 16 octobre 1945 dans le département de Yamaguchi (sud-ouest), diplômé de la prestigieuse faculté de droit de l’université de Tokyo, M. Hironaka est connu pour sa défense des droits humains. Il a forgé sa réputation au travers d’affaires hautement médiatisées et souvent remportées – fait exceptionnel dans un pays où le taux de condamnations dépasse les 99 % –, qui lui valent parfois d’être considéré comme le meilleur avocat du Japon.

M. Hironaka avait refusé la semaine dernière de laisser les procureurs entrer dans ses bureaux pour y saisir du matériel informatique utilisé par Carlos Ghosn, les enquêteurs soupçonnant qu’il ait préparé son évasion en faisant usage de l’ordinateur mis à sa disposition dans ces lieux.

Par ailleurs, le tribunal de Tokyo a entériné jeudi de jure la séparation des procès dans l’affaire Ghosn, selon les médias nippons. M. Ghosn devait être jugé en même temps que son ancien bras droit Greg Kelly et Nissan dans le volet de l’affaire concernant les minorations de rétributions. M. Ghosn étant absent, seuls les deux autres seront jugés, car le droit pénal japonais ne prévoit pas de procès par contumace dans ce cas de figure.

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