Brésil : les « bolsonomics » à l’épreuve de la crise

Brésil : les « bolsonomics » à l’épreuve de la crise

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Lors d’une manifestation contre la hausse du prix du ticket de bus, à Sao Paulo, le 9 janvier.

Lors d’une manifestation contre la hausse du prix du ticket de bus, à Sao Paulo, le 9 janvier. AMANDA PEROBELLI / REUTERS

Le 3 décembre 2019, Jair Bolsonaro n’a pas caché sa joie. « Nous sommes sur la bonne voie ! », s’est réjoui le chef de l’Etat brésilien, célébrant sur Twitter les chiffres positifs de la croissance du PIB, dévoilés par l’Institut brésilien de géographie et de statistiques (IBGE). A savoir : une hausse du PIB de 0,6 % au troisième trimestre, la plus forte enregistrée depuis un an et demi, supérieure de 0,2 point aux prévisions des organismes d’analyse.

L’annonce est tombée à point nommé pour le président d’extrême droite, qui a célébré, mercredi 1er janvier, sa première année à la tête du pays. D’autant que nombre de voyants sont au vert : croissance attendue à 2,2 % en 2020 après 1,2 % en 2019, inflation contenue (3,5 % pour cette année), chômage en baisse (à 11,8 %, soit un point de moins qu’il y a douze mois). De son côté, la Bourse de Sao Paulo connaît une période d’euphorie, avec un indice Bovespa qui a franchi pour la première fois de son histoire la barre des 100 000 points, terminant 2019 sur une hausse spectaculaire de 35 % sur un an.

Les « bolsonomics » – nom donné aux mesures économiques prises par l’exécutif – produiraient-ils leurs effets ? Jair Bolsonaro, qui avouait lors de sa campagne « ne rien connaître à l’économie », triompherait-il là où on ne l’attendait pas ? Le Brésil, plongé dans la crise depuis 2015, serait-il en train de se redresser, et même « de sortir du lit pour se remettre à marcher », comme le titrait début janvier le grand quotidien Folha de Sao Paulo ?

La question divise les économistes. « Je m’oppose totalement à ce gouvernement sur l’environnement, la diplomatie, le traitement des minorités… Mais sur l’économie, je suis obligé d’avouer que la ligne est bonne », note Renato Fragelli Cardoso, économiste à la Fondation Getulio Vargas (FGV), citant en particulier le bien-fondé de deux mesures : la réduction draconienne des dépenses publiques (avec un déficit réduit de moitié par rapport aux prévisions) et surtout la grande réforme des retraites, adoptée fin octobre 2019.

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Celle-ci, qui fixe pour la première fois un âge légal de départ, devrait permettre d’économiser 176 milliards d’euros sur dix ans. Elle a ravi les marchés financiers : l’agence de notation S&P a ainsi relevé, début décembre, ses perspectives pour le Brésil de « stables » à « positives ». « Cela fait vingt-cinq ans qu’on attendait cette réforme. Elle redonne de la crédibilité économique au Brésil. C’est un véritable un choc psychologique », assure M. Fragelli Cardoso.

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