A Toronto, au cœur du club des VRP français du cinéma

A Toronto, au cœur du club des VRP français du cinéma

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Les vendeurs hexagonaux de films arpentent les festivals du monde entier afin de décrocher des débouchés pour les œuvres qu’ils représentent.

Par Nicole Vulser Publié aujourd’hui à 11h45

Temps de Lecture 7 min.

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Isabelle Huppert au Festival de Toronto, le 9 septembre 2019.

Isabelle Huppert au Festival de Toronto, le 9 septembre 2019. VALERIE MACON / AFP

Des globe-trotteurs en perpétuelle transhumance. Chaque année, ils se retrouvent dans les grands festivals de cinéma du monde entier. Jusqu’au 15 septembre, tout se joue au Canada, au Toronto International Film Festival (TIFF), avant Los Angeles pour l’American Film Market en novembre, puis aux Rendez-vous d’UniFrance en janvier à Paris, au festival de Berlin en février, à Cannes en mai… A quoi s’ajoutent, en option, des festivals plus mineurs pour le marché des films comme Busan, Tokyo, Rome ou Locarno. Les vendeurs français de films occupent une part singulière et méconnue sur l’échiquier mondial du septième art.

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Tout d’abord, leur nombre est élevé : l’Hexagone compte à lui seul une quarantaine de
structures, des entreprises indépendantes, comme Wild Bunch, Le Pacte, EuropaCorp, Kinology, Playtime, Pyramide International, Bac Films, Celluloid Dreams ou Memento Films International… ainsi que des filiales de groupes audiovisuels ou cinématographiques, comme Gaumont, MK2 ou encore M6, TF1, France Télévisions ou Studio Canal. Si on dénombre davantage d’exportateurs de films en France que dans toute l’Europe, leurs forces resteront toujours bien inégales face à l’hégémonie des studios américains qui produisent et distribuent leurs blockbusters dans le monde entier, sans l’intermédiaire des vendeurs internationaux. Ce rôle est dévolu à leurs propres filiales intégrées dans tous les pays.

Les Français commercialisent aussi des longs-métrages étrangers

L’autre principale caractéristique de ce petit club des VRP français tient au fait qu’ils ne commercialisent pas uniquement des films français mais aussi beaucoup de longs-métrages étrangers. En 2018, par exemple, sur les neuf longs-métrages en présélection aux Oscars, la moitié étaient soutenus par des exportateurs hexagonaux. « On représente 90 % du cinéma d’auteur mondial », assure ainsi Juliette Schrameck, directrice générale de MK2 Films, qui commercialise aussi bien les longs-métrages des Japonais Naomi Kawase et Ryusuke Hamaguchi, du Roumain Corneliu Porumboiu, du Chinois Jia Zhangke que des Françaises Céline Sciamma, Mati Diop et Justine Triet.

Les vendeurs internationaux investissent eux-mêmes d’abord un « minimum garanti » dans les films. Une fois que les recettes de ces longs-métrages à l’étranger ont remboursé leur mise initiale, ils partagent le surplus avec le ou les producteurs. « Nous avons pris l’habitude d’entrer plus tôt dans le processus de financement du film », affirme Daniela Elstner, PDG de Doc & Film International, qui prendra la direction d’UniFrance mi-octobre.

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